ferarock fond-blancTous les mardis de 19h à 20h sur BeaubFM (Férarock)


Tous les mardis de 19h à 20h sur BeaubFM (Férarock)

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Lors de la venue des Specials au Bataclan le 30/11/2014, le bassiste du groupe, Horace Panter, a bien voulu nous accorder quelques mots. Cette interview a été réalisée avec Anna Lazarus, de l’émission « Rudies back in town » sur Radio Libertaire. Je remercie au passage les personnes qui ont rendu cette interview possible (l’organisation du concert, Christelle Canaby et Jérôme Lanvin) - Seb - UP AND DOWN (BEAUB FM)

 

 

Interview Horace Panter

 

 

Rudies back in town : Les sujets abordés par les specials au début sont ils toujours d’actualité aujourd’hui ?

Oui, toujours d’actualité. Le racisme existe encore et la musique a toujours le pouvoir de faire réagir les gens et de changer le négatif en positif. C’est ce que l’on s’applique à faire.

 

Rudies back in town : Vous avez une section cuivre dans cette tournée. Comment ça se passe avec les musiciens additionnels ?

Ils ont les morceaux et les parties à jouer. On a des musiciens très expérimentés. Ils sont de Londres et les specials sont heureux de jouer avec des musiciens si talentueux, comme notre clavier, qui est phénoménal. Ils ne donnent pas leur pleines capacités dans les specials mais sont très bons et apprécient beaucoup de jouer avec nous.

 

Rudies back in town : Comment décririez vous le public d’aujourd’hui, par rapport au public des débuts avec les specials ?

Il y a plus de générations maintenant. Il y a des gens qui nous ont vu dans les années 77-80, puis les jeunes frères ont écoutés nos disques sans avoir vu le groupe, puis maintenant il y a les enfants de tout ceux là. Donc nous avons beaucoup de générations qui viennent nous voir. Cela crée une atmosphère plus sereine et détendue. Il y a cette différence, mais qui va dans le bon sens.

 

Rudies back in town : Quelle est votre relation aujourd’hui avec Jerry Dammers ? (créateur du groupe)

Il n’est pas sur ma liste d’envoi de carte de vœux pour noël … C’est peut être la meilleure façon de le dire (rire). Mais il me manque, il est l’homme qui a créé ce groupe et en quelque sorte, notre « éléphant ».

 

Up and Down : Comment vous sentez vous avant, pendant et après un concert ?

Avant un concert, je suis très nerveux. Je m’assois dans un coin de la scène et c’est la seule fois où je bois quelque chose de la soirée, un Brandy ou Whisky. Pendant le concert, je suis assez nerveux au début mais dès que ça commence ça va mieux et je passe un super moment sur scène. Après le concert, je marche à 5 ou 6 cm au dessus du sol pendant 2 ou 3 heures et alors je m’endors … si tout se passe bien.

Je suis toujours un peu nerveux mais c’est comme ça que je fonctionne en tant que musicien. Je joue dans un petit groupe de Blues à Coventry avec juste 4 personnes et je deviens nerveux quand je joue aussi. C’est comme ça que je suis.

 

Up and Down : J’ai justement entendu parler que vous aviez joué dans un groupe de Blues avec Neol Davis, guitariste des Selecter ?

Oui, tout à fait. C’était il y a environ 10 ans. C’était une super expérience et j’ai adoré la vivre. J’aurais voulu venir jouer à Paris mais ça n’a pas pu se faire, ce qu’on regrette. C’était vraiment un très bon groupe.

 

Up and Down : A choisir, vous préférez jouer du Blues ou du Ska ?

Question difficile … Les deux sont très similaires d’un point de vue de bassiste…

 

Up and Down : Vous avez aussi d’autres projets en dehors de Specials, notamment dans l’art. Vous avez laissé ça de coté ou vous continuez ?

Après demain, je serais déjà en train de peindre ! (rire) Non vraiment, c’est vrai. J’ai rencontré Jerry Dammers à l’école d’art et j’ai un diplôme. (il tend sa carte de visite avec son site http://www.horacepanterart.com - NDLR)

 

Up and Down : Vous avez aussi écrit un livre sur les Specials : Ska’d for life – A personal journey with the specials (sorti en 2007). Pourquoi aviez vous fait ce livre ? Souhaitiez-vous évoquer l’époque des Specials en pensant qu’elle était révolue ?

Oui, tout à fait. Plusieurs personnes avait écrit des livres sur les Specials auparavant, mais c’était des ouvrages fait par des fans et ils n’étaient parfois pas très proche de la réalité, pour être honnête. Mes parents achètent tout le temps la presse musicale anglaise et j’ai chez moi 11 albums de coupures de presse d’interview sur les specials, mais aussi Madness, Selecter … De plus je tiens un journal personnel et j’ai noté tous mes souvenirs comme par exemple la première fois que nous sommes allé en Amérique en 1980 ou notre première tournée au Japon. J’avais donc beaucoup de matière pour ce livre, et lire tout cela, parler aux gens, m’a aussi rappelé toute cette époque. J’étais professeur à l’école quand j’ai écrit ce livre et je pensais vraiment être retraité des Specials. Je ne pensais pas que le groupe pourrait se reformer un jour.

Up and Down : Vous allez donc devoir en écrire un deuxième maintenant ?

  1. ! Ska’d again !! (Rire)

Up and Down : C’est donc votre dernier concert de la tournée aujourd’hui. Y a-t-il déjà d’autres dates de prévues pour les mois à venir avec les Specials ?

On ne va pas faire grand-chose l’année prochaine avec les Specials. On va aller en Amérique du Sud : a Mexico, au Chili et probablement Brésil ou Argentine. Il y a 4 concerts prévu en mars. 3 concerts sont aussi prévus à Londres en juillet. Mais on repartira en tournée en 2016, si on peut encore marcher (rire), on fera beaucoup d’autres choses. Nous sommes assez paresseux dans notre travail : juste 23 dates de concert cette année. Mais c’est toujours mieux que d’avoir à gueuler après des enfants ! (Par rapport à son activité antérieure de professeur – NDLR)

 

Up dans Down : Je suis avec Anna aujourd’hui que j’avais rencontrée auparavant au London International Ska Festival. Justement, aimeriez-vous jouer dans ce festival ?

J’ai justement un groupe de ska traditionnel qui joue du standard ska comme les Skatalites. On tourne avec des membres de la tournée des Specials, le clavier et les cuivres. On est super et ça s’appelle « The Uptown Ska Collective ».

 

Up and down : Y’aura-t-il un album de ce collectif ska ?

Non, non. C’est déjà très difficile de se retrouver tous ensemble avec les 9 membres du groupe, au même endroit et en même temps ! Mais l’organisation du LISF m’a assuré qu’on aurait du travail, et 2015 s’annonce bien pour moi et le ska !

 

Rudies back in town : Y aura-t-il des projets avec Rhoda Dakar ? Très bonne chanteuse et dotée d’une voix exceptionnelle.

J’avais enregistré un album avec elle, en effet. Elle aimerait venir jouer avec nous.

 

Rudies back in town : Le ska est il dans un revival de l’ancien temps ou va-t-il de l’avant selon vous ?

Vous savez il y a beaucoup de courant dans le ska. Les américains le jouent très vite, comme des groupes tels que les Bosstones ou Reel Big Fish. Personnellement je n’aime pas vraiment mais c’est comme ça qu’ils mélangent l’énergie du punk avec le ska, un peu ce que nous avions fait à notre manière ... Je ne le critique donc pas. D’un autre côté, il y a des personnes qui font du ska traditionnel … C’est super et juste un point de vue différent par rapport à cette musique.

 

Rudies back in town : Pensez-vous que le public qui vient maintenant aux concerts ska est de plus en plus nombreux?

Oui, oui. Je pense qu’au début, il y avait juste des groupes comme les Skatalites qui jouaient et le ska était assez exclusif à la communauté noire. Les specials ont pu conquérir un public plus large. C’est une bonne chose. Les stars du reggae sont toujours là comme Freddy Notes ou Dandy Livingston. C’est super !

 

Up and Down : Vous avez l’habitude, avec les Specials, de jouer dans des grandes salles ou des grands Festivals. Vous aimez cela ou préféreriez vous jouer dans les plus petites salles ? Peut être un jour les Specials dans un petit festival ?

J’adore jouer dans les petites salles. On fait ça avec mon groupe de blues et c’est super ! Avec les Specials, on est plus nombreux. Ce soir, il y a 11 personnes sur scène et c’est très difficile de faire loger cette configuration sur une petite scène. Mais jouer dans les festivals est différent que dans une salle de concert. Je n’aimerais pas jouer uniquement sur des gros festivals … C’est différent et j’aime cette alternance personnellement en jouant une semaine dans des petites salles (avec son groupe de blues – NDLR) et la semaine suivante devant 50 000 personnes (avec les Specials). Je suis très chanceux de pouvoir faire ça.

 

Up and Down : Préférez-vous jouer seul, comme ce soir, ou être entouré d’autres groupes ?

Cela m’importe peu. L’important c’est que les gens viennent nous voir. Je vais avoir 62 ans l’année prochaine (rire) c’est fantastique, que je puisse encore faire ça ! On est très chanceux de pouvoir faire cela !

 

Up and down : Ce soir, vous deviez jouer avec un autre groupe, Jah on Slide, qui a été annulé au dernier moment pour des raisons techniques. Que pensez-vous de ça ?

C’est triste effectivement mais comme tu l’as dit il y a des raisons techniques, dues à l’enregistrement du concert de ce soir (par Arte – NDLR)

 

Up and Down : Avez-vous entendu parler d’eux ? Connaissez-vous les groupes qui font vos premières parties ?

Non. D’habitude ce sont les organisateurs qui mettent les groupes en première partie. La décision nous appartient seulement pour les concerts en Grande Bretagne. On choisit alors les groupes que l’on veut. Le groupe avec qui nous avons joué à Amsterdam,  Boss Capone, était excellent. J’aime beaucoup ce qu’ils font. C’est un peu comme les Aggrolites : il n’y a que 4 personnes et c’est super.

 

Up and Down : Qu’imaginez-vous pour le futur du ska ?

Ce n’est pas de mon ressort. Le reggae reste très populaire, le drum n bass aussi. Je ne sais pas … En tout cas, je n’arrête pas et je suis la musique !

 

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